Quand notre monde se rétrécit, que se meurent des êtres chers, nous croyons qu’il nous sera impossible de nous relever et de continuer sans eux. Se succèdent le déni, la stupéfaction, le manque, la colère, les interrogations, le doute, l’angoisse, la dépression ; avant que ne s’installe le syndrôme de la coquille vide. Nous nous tenons debout mais nous sommes loin, si loin de tout et de tous, au plus près des morts. Cependant, tenaces, nos proches nous entourent et s’évertuent à nous raccrocher à leurs côtés.
Nous ne leur facilitons pas la tâche, ils doivent s’armer de patience, d’écoute et de persuasion. Il en faut pour nous convaincre de reprendre la route sur le Chemin des vivants. Quand un jour nous réalisons qu’ils nous soutiennent depuis des jours, des années, nous mesurons à quel point ils nous aiment et que nous ne pouvons pas leur infliger sciemment les tourments qui nous hantent. Un jour, nous nous forçons à revenir parmi eux ; nous recommençons à marcher près d’eux. à parler, à sourire, comme si tout allait bien.
Pour redonner du sens à la vie, nous visionnons des heures de conférences, d’émissions, de films, de reportages ; nous nous interrogeons durant de longues conversations, des lectures passionnantes ; j’ai déjà eu l’occasion de remercier, par des articles sur ce blog, nombre de ces gens qui m’ont permis de conserver toute ma raison. Mais ceux qui m’ont tendu la main, ceux qui m'ont permis de ne pas me noyer, je veux leur dire merci maintenant. Après des jours de compassion, de soutien, je viens de comprendre que pleurer mes morts ne me les ramènera pas, qu’un jour je les retrouverai mais, qu’ici et maintenant, je me dois de vous accompagner et de vous aimer jusqu’à mon dernier souffle comme mes chers disparus l’ont fait pour moi en leur temps. J’entame donc, grâce à vous, pour vous, une nouvelle page de ma vie.
Je vous aime
